10.10.2009
PLATEFORME interco23
Salut à tous les sympathisants !
Conformément à la dernière AG de notre syndicat, il est prévu de diffuser
vers le reste des groupes intéressés,en premier lieu les syndicats de la
CNT (pour adoption ou amendement) le texte suivant comprenant la
plateforme que vous avez déjà lu peut-être et surtout son argumentaire.
Afin de laisser circuler ces informations, nous diffons sur le net
également à nos sympathisants ainsi qu'aux groupes qui travailleraient
avec nous. Bonne lecture.
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L'assemblée générale de notre syndicat (CNT-interco23), pose la
plateforme de revendications globales en 3 points ci-dessous :
1.Réduction du temps de travail jusqu'à disparition du
chômage.
2.Salaire unique.
3.Démantèlement du complexe militaro-industriel BANG (Bits,Atomes,Neurones, Gènes).
Afin de préparer nos arguments pour cette plateforme, nous avons initié un
débat sur l'intranet confédéral.
Voici nos arguments à présent :
Notre société, comme toutes les sociétés historiques, est confrontée au
problème essentiel de la rareté. A ce problème, il y a deux réponses
sociales : l'inégalité et le partage.
Jusqu'ici, le développement et la suprêmatie de l'Occident ont permis de
prolonger l'inégalité à l'échelle internationale en redistribuant au
prolétariat occidental une part du butin colonial et néo-colonial. Cette
époque est révolue.
L'avance technologique occidentale est en passe d'être rattrapée par le
peloton asiatique. Le coeur du processus industriel est déjà en Asie.
L'intérêt néo-colonial du prolétariat à cet état de fait se paye
aujourd'hui de délocalisations et du démantellement du paquet
social-démocrate (acquis sociaux). Derrière les mots creux de paix en
Europe, le processus européen n'est qu'un pas de plus dans l'impérialisme
OTANien vers le Moyen Orient et l'Asie centrale.
La rareté a paru disparaître pendant l'épisode historique
spectaculaire-marchand assis sur le pillage à bon compte des ressources
énergétiques mondiales. A présent, cette rareté est cause de manoeuvres
impérialistes pouvant déboucher sur une nouvelle guerre mondiale.
Pour l'instant, l'affaiblissement occidental ou ses manoeuvres Bushiennes
pour conserver la suprêmatie ruine les occidentaux prolétaires et même les
classes moyennes. Loin d'obtenir une amélioration politique, la
délocalisation en Asie menace même le républicanisme bourgeois dans son
berceau même.
L'élite occidentale semble miser sa survie sur un grand bon en avant
technologique : OGM, RFID, nanotechnologies, autant de biens non naturels
et non nécessaires. Leur développement, comme celui de l'informatique ou
du nucléaire après 1945, de l'aviation après 1918, repose sur un préalable
militaire.
Notre frivolité consumériste n'était que l'ombre portée de nos complexes
militaro-industriels. C'est ainsi que la démocratie parlementariste se
porte elle-même un coup fatal et prépare le retour d'un fascisme encore
plus technologique que le précédent.
Faute de pouvoir déboucher sur une guerre mondiale, le militarisme techno
peut très bien s'exercer en retour à domicile.Contre la population
occidentale. Pour s'ajuster à la donne tyrannique et industrielle
eurasienne.
C'est pourquoi le prolétariat d'occident doit se mobiliser contre la
technologie secrétée par son propre complexe militaro-industriel. Et
retrouver, dans le même mouvement, la capacité scientifique et technique
dont il est exclu par le système scolaire et universitaire organisé pour
le seul fonctionnement du complexe militaro-industriel. La participation
massive à des manifestations et des meetings sur les problèmes apportées
avec les nouvelles technologies est un préalable. Mais elle ne sera
efficace que si les systèmes scolaires et universitaires sont aussi
massivement secoués par ce mouvement et si elle débouche sur une autonomie
technique et scientifique en rapport à d'autres pratiques de transmission
et de production de savoir comme le mutuelisme. Les tentatives
d'universités réellement populaires ou les réseaux d'entraide technique
sur des problèmes concrets limités ( par exemple la bagnole à réparer, la
menuiserie, l'auto-construction, la panification, le jardinage même si ces
domaines restent en eux-mêmes techniquement très anciens et les
associations pour l'informatique libre dans un domaine plus techniquement
avancé) sont annonciateurs de possibilités nouvelles. Sous réserve que le
même mouvement d'ensemble balaye les obstacles légaux et règlementaires en
vigueur et qui donne lieu à une chasse à l'homme médiatique en Sarkozie.
Sous réserve également que tombe le principe culturel de la concurrence
individuelle, qui est au coeur des processus de blocage des apprentissages
et des innovations dans le monde scolarisé (Illich).
C'est ici que nous transitons vers le second point : l'égalité de fait.
L'institution du mérite autrement dit de la concurrence scolaire puis
universitaire est fort ancien. On ne peut penser s'en débarasser (et il le
faut si on veut véritablement auto-gérer la production et se défaire du
complxe militaro-industriel, au sens technique et au sens psychanalytique)
qu'avec une véritable révolution culturelle. Le milieu artistique est le
mieux à même de mener cette révolution dans les coeurs et les têtes. Mais
la condition politique préalable est l'institution de l'égalité dans
l'accès aux produits. La manière de le spécifier dans le langage salarial
dominant est celui de l'égalité des salaires. Sur le plan restreint et
même mesquin cette revendication ne peut emporter que la moitié de la
population active au dessous du salaire médian. Mais c'est déjà beaucoup.
En sortant de la forteresse occidentale, on peut même rencontrer une
adhésion plus large encore. Enfin, il y a des raisons bien plus profondes
à mettre en avant la réalisation de l'égalité des producteurs : c'est
qu'elle invalide le jeu pervers patronal de la récupération du « pouvoir
d'achat » par l'augmentation des prix ( c'est au moment de la vente que la
plus-value totale est prélevée) en mettant tout le prolétariat sur un pied
d'égalité en termes de revendications de récupération de toute la richesse
produite. Les revendications salariales n'ont aucune chance d'aboutir
durablement sans homogénéité salariale. Surtout dans un contexte
d'éclatement statutaire, de précarisation sur fond de chômage de masse.
Nous transitons à présent vers le premier point : le partage du travail et
l'abolition du chômage.
La manière la plus simple d'égaliser les salaires est de commencer par
égaliser le temps de travail et donc les statuts du salariat. La réduction
du travail et du chômage simultanément, l'une par l'autre, est la solution
la plus partageuse, la plus facile à contrôler sur le terrain. Elle est
aussi recherchée en soi, comme poursuite de la tendance à la baisse du
temps passé à produire. Enfin, elle constitue un tremplin pour pouvoir
décider en toute sérénité la disparition de certains postes sociaux
inutiles voire nuisibles, puisque les personnes sont certaines de trouver
un poste utile, à égalité de temps et de salaire, quelle que soit la
nature de la décision. Selon nos estimations il serait pratiquable de
réduire le temps à produire l'utile entre 18 et 20 heures par semaine et
par producteur.
Enfin, la diminution du temps de production trouve ses mobiles dans un
souci pratique : la décision démocratique concernant la production,
débarassée de ses entraves par la psychologie de la concurrence et
l'autonomie de la connaissance et de la culture nécessite en pratique du
temps. C'est un fait bien connu des autonomes que l'autonomie passe par
l'autonomie en un cercle vertueux. Se débarasser du complexe
militaro-industriel ne suffit pas. Cela ne peut aboutir que par son
remplacement par une institution politique émanant des producteurs
eux-mêmes. La pratique de l'autonomie politique au niveau des groupes de
production est un pré-requis. Mais les chances de l'emporter sur le
complexe militaro-industriel ne peuvent provenir que d'une diffusion
mutuelle des connaissances scientifiques et des pratiques techniques. La
coordination confédérale pratiquée dans des groupes comme la CNT ou
d'autres doivent être vues comme des formes techniques d'organisation
elles-même. Donc elles-même ouvertes à l'innovation de la technique de
décision ou de diffusion des capacités techniques (la pratique politique,
répétons-le étant désacralisée sous forme d'une technique de communication
et de décision).
Il serait vain de discuter dans le vide de cet aspect politique. Le
critère le plus fiable est encore l'efficacité dans la diffusion des
capacités techniques et scientifiques de tous les producteurs. La reprise
en main universelle de la connaissance nécessaire à l'émancipation du
complexe militaro-industriel passe obligatoirement par là.
MENTIONS LEGALES :
Confédération Nationale du Travail - INTERCO23
la roussille
23250 chavanat
Pour nous contacter :
Mail : interco23@cnt-f.org
Merci à hautetfort de nous héberger :
(voir mentions légales de hautetfort pour l'adresse)
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Directeur de publication : Eric Basillais
20:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : plateforme, réduction, temp, travail, chomage, précarité, nanos, ogm, nucléaire, fusion, bang, complexe, militaro-industriel


